Irène Lascaud

SOUVENIRS CULINAIRES

les grands-parents maternels

Qu'est-ce que je me rappelle la cuisine de mon enfance ?…

Ce sont d'abord les " merveilles " de mémé Lascaud.
Tous les ans, aux alentours de mardi Gras, elle sortait sa friteuse puis passait un long moment à confectionner puis malaxer sa pâte. Quand celle-ci avait la consistance voulue, bien élastique, elle formait un boudin de la taille d'un pain et débitait des tranches qu'elle entaillait puis tordait d'une façon particulière. C'est à ce moment qu'elle me donnait quelques tranches et je fabriquais alors bonhommes, maisons, soleils (en ajoutant quelques pailles de balai), et toutes sortes de choses que je regardais ensuite gonfler dans l'huile bouillante. Il fallait ensuite les passer dans le sucre avant de déguster. Mais les premières bouchées étaient celle des merveilles de mémé car mes œuvres, bien sûr, devaient pouvoir être admirées par la famille avant d'être croquées.
e me souviens aussi de ses frites, taillées très grosses et cuites à la poêle (et surtout pas dans une friteuse). Mon régal était alors un délicieux mélange de frites et corned-beef.

Depuis, j'ai quelquefois essayé de refaire cette recette, mais il doit certainement me manquer quelque chose car je n'ai jamais retrouvé le goût de mon enfance.Mémé Lascaud cuisait ses lapins au four. Ils étaient toujours farcis avec le foie haché, ail, mie de pain et œufs. En fin de cuisson, quand la peau était bien dorée, il fallait "toujours un filet de vinaigre".
Certains dimanches d'été, des cousins de Bordeaux venaient manger. Je n'ai jamais compris qui ils étaient vraiment. Le repas, sous les érables de la cour (et non du jardin comme ont tendance à dire les parisiens) commençait toujours par des tomates découpées en paniers et farcies de macédoine de légumes assaisonnée de mayonnaise. Quelquefois on remplaçait les tomates par une tranche de jambon. Je ne me souviens pas des autres plats mais, à la fin, tellement cela avait duré, c'était l'heure, pour les invités, de repartir. (Ah! si… Souvent en hors d'œuvre il y avait des œufs mimosas. Ce qui est drôle, c'est que lors de notre voyage en Egypte, à Assiut, le restaurateur nous a servi, parce que nous étions français, …des œufs mimosas !
Parmi mes plats préférés, il y avait aussi les lentilles, qu'il fallait trier, pour enlever les petits cailloux, et les haricots blancs. Ces haricots, c'est quelquefois mon grand-père, pépé Lascaud, qui les préparait. Il fallait les mettre à tremper la veille (et c'était très rigolo de les regarder de temps en temps et de les voir grossir) puis les cuire avec des couennes de porc.
La liste des plats de mémé Lascaud qui me régalaient ne serait pas complète sans les croustilles de porc ou de mouton, mais le plus souvent de porc, cuites à la poêle. Accompagnées de frites médocaines... c'était le summum.

Pépé Lascaud chassait aussi les cagouilles après la pluie. On n'avait pas à aller très loin pour les capturer car devant l'épicerie il y avait tout un terrain plein de broussailles. On mettait ensuite les bêtes dans une grande boîte en carton pour les faire jeûner( ils auraient pu avoir mangé de la ciguë qui depuis de très longs temps n'est pas très bonne pour l'homme) avec de la farine. Quand il y avait beaucoup d'escargots et que leurs crottes étaient blanches on pouvait les cuisiner: extraire chaque animal de sa coquille, couper un petit bout d'entrailles et tout remettre après les avoir lavés dans de l'eau salée je crois et bien vinaigrée pour leur faire cracher toute leur bave : C'était ça le plus rigolo ! On les cuisait ensuite dans une sauce tomate avec du jambon sec et de la mie de pain "pour épaissir". J'aimais beaucoup cette sauce et je sens encore le crissement sous les dents, car à force d'être remuées quelques coquilles se cassaient.
Pour le petit déjeuner, souvent, l'été, mon grand-père Lascaud prenait une tartine de saindoux salée avec du gros sel ou alors un quignon de pain avec un oignon cru. Je goûtais toujours et je crois que j'aimerais encore cela mais malheureusement je sais (désavantage de la culture scientifique) que ce n'est pas très bon pour la santé alors
Marcel Lascaud page 1
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